Pierre d'écriture

Chronique d'un écrivain ordinaire

15 mars 2008

Trois ans déjà...

Et voilà...

Il y a pile trois ans que Pierre d'écriture est sur Canalblog, avec ce look, fond vert et photos à bords blancs...

Comme je le disais récemment, j'en ai plus qu'assez de ce bandeau de pub au dessus du blog. S'i y a une chose à laquelle je deviens totalement intolérant, c'est bien la pub.

Et ce billet est le cinq cent unième : comme je m'y étais engagé, il sera donc le dernier, l'ultime. Et ça tombe bien, pour ce dernier billet, j'ai élaboré une formule qui me semble forte, ce matin. Je vous la livre... Peut-être la trouverez-vous banale mais c'est pourtant le fruit d'un authentique cheminement philosophique. Ce pourrait être la conclusion d'un long traité de huit cents pages, bien argumenté et tout et tout...

Les gouvernements sont les maîtres d'hôtel des multinationales

Et l'éducation nationale est la femme de chambre des gouvernements...

Voilà, c'est tout... et si vous avez des doutes sur la première partie de l'affirmation, eh bien, allez jeter un coup d'oeil là, par exemple...

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12 mars 2008

Cévennes

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Quelques traces éphémères laissées dans les Cévennes en fin de semaine dernière...

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01 mars 2008

Spectre de couleurs

Le spectre de couleurs
Dans la flaque irisée,
Toi, mon amour, qui pleure
Sur la flamme épuisée ;

Dans la nuit de la ville
Et ses enseignes bleues,
Les feux rouges défilent,
Trop loin des temps heureux ;

Sur ta joue, une larme,
Mille reflets d’argent,
Les mots comme des armes,
La tristesse des gens ;

Ce soir, il pleut un peu,
Les passants qu’on croise
Veulent rentrer chez eux ;
On dirait qu’ils nous toisent...

On voudrait se noyer
Dans ces rues dévoyées,
Aux spectres de couleurs
Des flaques irisées…

Texte écrit pour les Impromptus littéraires...

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27 février 2008

De l'or...

Les deux commentaires sur mon dernier billet sont d'une extraordinaire richesse ! Comme je l’ai dit dans la réponse, c’est de l’or…

Là, j'ai l'impression d'être au coeur de l'une de ces discussions philosophiques que j'affectionne tant et que ma pensée s'enrichit sans cesse de celle des autres, que les pierres des autres viennent se poser sur les miennes et qu'ainsi l'édifice s'élève. C'est tellement passionnant, exaltant, lorsque ce la arrive. Et ici, sur ce blog, en ce moment, c’est le cas. C’était ce que je rêvais de faire quand j’avais créé le blog associé « Pierre philosophale » mais ça n’a jamais vraiment marché. La plupart de mes sollicitations avaient été suivies de silence. Des bouteilles à la mer qui n’avaient été retrouvées par personne…

Quand ça fonctionne, c’est très, très fort. On ne commente pas pour se congratuler, mais pour faire avancer les idées. Et là, ce n’est plus stérile, bien au contraire. On parvient ainsi à approcher, je le crois, de multiples facettes de la vérité. Approcher seulement, bien entendu, un peu comme ces hauts sommets qui, à mesure que l'on s'en rapproche, semblent s'éloigner dans la même mesure...

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25 février 2008

Un monde où tout le monde il est beau…

Dans les commentaires récents, j’ai eu cette phrase qui m’a sacrément interpellé :

Si je dois choisir entre un monde où tout le monde est beau, tout le monde est gentil et un monde où tout le monde est laid et méchant, je prends le premier, sans hésiter.

Il faut replacer un peu dans le contexte pour comprendre. Dans mon billet « concert de louanges », je déplorais ce côté souvent observable des blogs qui consiste à se joindre aux concerts de louanges sur les personnalités encensées par les médias dominants et surtout à coller à un conformisme ambiant très prégnant. Les blogs, c’est vrai, c’est un peu l’univers du tout à l’ego, et chacun veut y offrir une image très positive de lui. C’est normal et c’est humain. Je maintiens que le conformisme ambiant, c’est tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Bien entendu, moi aussi, si j’avais à choisir, je choisirais le monde où tout le monde il est beau et gentil. Et je crois que tout le monde ferait pareil, c’est évident. Personne, entre le bonheur et le malheur, ne choisirait le malheur !

N’empêche que je n’ai pas à choisir, et c’est peut-être heureux, d’ailleurs… Parce qu’il y a fort à parier qu’un monde où tout le monde serait beau et gentil serait un monde totalitaire (Relire le meilleur des mondes par exemple) ; mais cela, c’est un autre débat.

Pour se convaincre que le monde dans lequel on vit est loin d’être un monde peint en rose, il suffit de lire les journaux, d’écouter la radio, de regarder un journal télévisé.

Est-ce que l’humanité qu’on voit impliquée dans les pires meurtres, dans les pires actions, dans la dénégation constante de la liberté des autres, est une humanité différente de celle qui s’exprime dans les blogs, où tout le monde affiche de beaux et bons sentiments ? Je ne le crois pas : il y a une seule humanité et dans chaque homme, le meilleur et le pire se côtoient. Le problème, c’est que les gens affichent toujours des intentions magnifiques. Alors, les vrais problèmes ne peuvent plus se discuter. Et je suis toujours frappé du décalage entre l’image que l’on a de quelqu’un que l’on connaît superficiellement et celle que l’on découvre lorsque l’on vit seulement quelques jours avec lui, au quotidien.

Les gens veulent toujours donner une image idéale d’eux, une image qui n’est pas eux, et, lorsqu’on les côtoie dans l’intimité, on a l’impression que malheureusement, beaucoup ne gagnent pas à être connus. Et peut-être, s’il y avait moins de « prêt à penser » ambiant, si les gens osaient plus dire ce qu’ils croient vraiment et non ce qu’il faut croire, alors on aurait moins de déconvenues ensuite.

Et puis, il faut reconnaître que ce qu’on aime dans les histoires, c’est quand il y a du drame, du sang, de la jalousie, des rivalités…
Que serait l’histoire de Roméo et Juliette si Roméo avait aimé Juliette, si leurs parents avaient été d’accord pour les unir, si les deux familles s’étaient aimées, dans la plus parfaite harmonie, s’ils avaient eu beaucoup d’enfants et si leur vie avait été un long fleuve tranquille ? Est-ce qu’il y aurait eu une histoire ? Aurait-elle eu la moindre chance d’intéresser quelqu’un ?

En revanche, si le drame de Shakespeare fait partie des grands mythes de l’humanité, c’est parce que Roméo et Juliette étaient issus de familles ennemies, parce que Roméo a tué le frère de Juliette, parce qu’il a été banni, parce que pour tenter de préserver leur amour contre tous, Juliette a simulé la mort… Mais Roméo croyant qu’elle était morte se suicida et Juliette, comprenant l’horrible méprise, se suicida à son tour.

Tout ça pour dire qu’on ne peut pas toujours jouer à l’autruche. Regardons autour de nous comment marche vraiment le monde.

Et si un proverbe résumait bien tout cela, ce pourrait être : il ne faut pas se fier aux apparences

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24 février 2008

Marre de la pub

Bon ! J'en ai vraiment plus que ras le bol de ce bandeau de pub au dessus de mon blog !!!

Quand j'ai commencé chez Canalblog, il y a bientôt trois ans maintenant, il y avait de la pub mais c'était infiniment plus discret qu'aujourd'hui...

Je ne suis pas loin des cinq cents billets : je crois bien que le cinq centième sera le dernier ici.

Après, j'aimerais bien avoir un site avec une partie blog, très personnalisé, et une partie catalogue, pour mieux diffuser ce que j'ai écrit. Il faudrait que j'achète un nom de domaine style "pierre-ecriture.fr" et que je trouve un hébergeur... Mais je ne sais pas bien comment faire tout cela... A première vue, ça me paraît fort complexe... Si quelqu'un pouvait me conseiller, j'avoue, ce ne serait pas de refus !

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23 février 2008

Du bien fondé des coups de gueule

En préambule, je dirai une chose : qu’est-ce que j’ai bien fait de pousser ce coup de gueule ! Depuis, je me sens beaucoup plus vivant ! Incontestablement, la vie est revenue, dans cet univers qui ronronnait, qui était en train de s’assoupir, de sombrer gentiment et presque insensiblement dans la routine...

Vos commentaires me font plaisir, cette fois, mais vraiment, quoi… Beaucoup plus que d’habitude… C’est comme une étreinte chaleureuse, en lieu et place d’une banale poignée de main, vous savez, ces poignées de main désincarnées qu’on peut échanger ici ou là, en arrivant au boulot le matin, par exemple…

Un grand merci aux Impromptus aussi d’avoir choisi ce thème qui m’a permis de prendre une posture polémique et d’écrire un texte dont je suis particulièrement fier. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été un révolté, et je ne suis pas prêt de changer. La seule différence, c’est peut-être qu’avant, j’osais moins : l’expérience me donne de l’assurance. Même si je doute toujours de mes idées, et même si je suis toujours prêt à les remettre en cause, je doute beaucoup moins de moi en revanche...

Et un autre grand merci aux Impromptus d’avoir choisi de ne pas publier mon texte, ce qui a entraîné tout cela, c'est-à-dire de la passion, de l’engagement, une authentique réflexion, donc de la littérature !

Bien sûr, certains se sont sentis agressés et se sont défendus : c’est normal et je ne leur en veux pas. C’est toujours comme cela quand un membre entre en dissidence pour secouer le landernau. Leurs remarques m’ont beaucoup aidé à aiguiser ma pensée, à avancer dans ma recherche de vérité, à élucider justement les enjeux de cette activité que l’on appelle « bloguer ».

Et tout cela, toute cette matière qui est arrivée, riche, puissante, vivante, palpitante même, ce sont vos commentaires. Un merci chaleureux en particulier à Tisseuse, , à l’Oncle Dan,  à l’Arpenteur, à Wictoria, et aussi à ceux comme Martine, à Daniel, qui lisent régulièrement sans rien laisser, ou très rarement, et c’est là d’ailleurs, soit dit au passage, qu’on mesure tout le paradoxe du phénomène des commentaires. Leurs commentaires, qu’ils ont pris le temps et la peine de particulièrement étoffer, sont magnifiques et m’ont touché d’une manière que vous ne pouvez pas imaginer. Mais, j’y reviendrai très prochainement, sur tous ces aspects, car mon esprit est réellement en mouvement maintenant !
Joye, je te remercie aussi et ton commentaire m'a donné l'idée de l'un de mes prochains billets, un billet où il y aura une grosse matière à réflexion ! Enfin, du moins, je l'espère...

Encore une fois, merci à toutes et à tous !

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21 février 2008

Concert de louanges

     Ce qui m’agace le plus quand je lis les blogs, ces derniers temps, c’est ce côté « On est un petit cercle restreint », « un petit club fermé » ; on se distribue des louanges à tout va… On est entre soi, et bien-pensants à souhait… « Oh, c’est adorable ce que tu as écrit!!! Oh, comme c’est mignon !!! » Et tout se vaut finalement… Car les compliments, à être trop prodigués, c’est un peu comme les aliment trop mâchés, ils perdent de leur goût, de leur saveur… En fait, au bout du compte, tout cela, c’est fade et mièvre à dégueuler !!!

     On est dans l’air du temps où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Salvador est mort et il faut se joindre au concert de louanges médiatiques. Bientôt, à ce train-là, cet amuseur public va être considéré comme le plus grand poète allié au plus grand musicien de tous les temps ! Si j’en juge par tous les articles dithyrambiques que j’ai lus à ce propos ces derniers jours, on n’en est pas loin !  Henri Salvador a surtout eu beaucoup de chance : combien de créateurs, qui auraient sans doute beaucoup plus mérité de percer au cours de la même période, sont-ils restés dans l’ombre ? On lui a même permis de monter sur scène à près de quatre-vingt dix ans alors que des tas de gens pourris de talent sont impitoyablement écartés des systèmes de production et de diffusion, et galèrent depuis des années. C’est bien connu, l’argent va à l’argent. Mais non, il faut se faire le relais des médias dominants qui nous vendent de belles histoires sur papier glacé… Il ne faut surtout pas cracher dans la soupe ! Pensez ! Il ne faut pas être aigri ! Il faut se joindre au cœur de louanges et continuer à consommer de la sous-culture avec paillettes et smoking pour retourner tous les jours au taf sans se poser trop de questions…

     Ce phénomène  m’agace énormément dans le monde du blog en ce moment et c’est peut-être le signe qu’en trois ans d’existence de mon blog, j’en ai fait le tour, de ce petit monde. On distribue des commentaires par dizaines et dans toutes les directions en espérant en recevoir autant et même plus, et tout est prétexte à prolonger la liste des commentaires… Finalement, ce n’est plus le texte qui est important, c’est cette forme de connivence qui s’établit dans les coms, cet espèce de chat en semi-différé pour des gens qui restent pendus à leur clavier d’ordinateur toute la journée. Et rester les yeux rivés sur un écran dans sa petite case, chacun chez soi, ça arrange bien finalement les exploiteurs de tout poil qui prospèrent aujourd’hui dans un capitalisme décomplexé et déchaîné. Les blogs, c’est une super aubaine : on donne l’illusion que tout le monde peut s’exprimer, que tout le monde a la parole. Et en plus, cerise sur le gâteau, les blogs les plus lus relaient la publicité, se font les valets dévoués et (presque) désintéressés des plus grandes firmes qui engrangent des milliards d’euros de plus values !  C’est vraiment tout bénéfice !
Etre dans l’air du temps, dans la bien-pensance, ajouter sa voix au conformisme ambiant, dire ce que tout le monde attend, c’est très gentil, ça ne dérange personne, mais cela n’a plus rien à voir avec quelque forme de littérature que ce soit…

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20 février 2008

Quand on est dans son bain

Suite à la disparition d'Henri Salvador et pour les Impromptus littéraires :

Ah ! C’qu’on est bien quand on est dans son bain !
On fait des grosses bulles, on joue au sous-marin,
Le problème, c’est qu’aujourd’hui,
Au bout de deux minutes et demi,
On se met à gamberger,
Sur toute cette eau gaspillée,
Cette précieuse eau potable
Dont, en dépit de toutes les fables,
L’humanité risque de manquer,
Ca, on le sait,
Même si, avec la couche d’ozone trouée,
On veut pas se l’avouer,
A plus ou moins brève échéance,
Les Tchernobyl en puissance,
Entre sacro-sainte croissance,
Et toute puissance,
Les sous marins nucléaires,
La mauvaise qualité de l’air,
Alors que la planète est en danger,
Avec nos comportements d’enfants gâtés,
Notre confort de privilégiés,
Et notre consommation vénérée…
Ah ! C’qu’on est bien quand on est dans son bain !
On fait des grosses bulles, on joue au sous-marin,
Ritournelle d’un autre temps,
D’un temps insouciant,
Où l’on n’éprouvait pas de malaise,
En chantant de belles fadaises,
Et en regardant s’agiter,
Sur l’écran de la télé,
En noir et blanc,
De jolies danseuses,
Et un pingouin en smoking blanc,
Soirées doucereuses,
Avant le dimanche et son tiercé,
Ou la bagnole à astiquer…

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13 février 2008

Vaine tendresse

Quelle vaine tendresse,
Celle que tu m’adresses
Quand tu veux obtenir,
Ou quand tu veux punir.

Je voulais être un roi,
Juste et garant des lois,
Et toi, cruelle reine,
Qui ajoute à ma peine…

Trop souvent le bourreau
Revient sur l’échafaud…
Au gré de tes caprices,
Tu me mets au supplice.

Je suis ton serviteur,
Souverain de malheur,
Conscience écartelée,
Mendiant dans son palais…

Poème écrit pour les Impromptus littéraires...

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11 février 2008

Chair de ma chair

chair"Ma mère se lève à l'aube pour faire la cuisine, elle plume la poule et la tient au-dessus de la flamme du réchaud à gaz. Ma mère préfère acheter les poules vivantes parce qu’elles sont plus fraîches.
A l’hôtel, elle égorge la poule dans la baignoire.
QUAND ON LES TUE, LES POULES CRIENT DANS UNE LANGUE INTERNATIONALE, ON LES COMPREND PARTOUT.
Egorger à l’hôtel est interdit, alors nous allumons la radio, nous ouvrons la fenêtre et nous faisons du tapage. La poule, je refuse de la voir avant, sinon je veux qu'elle reste en vie. Ce qu'on ne met pas dans la soupe, on le jette aux cabinets. La nuit j’ai peur des toilettes, je fais pipi dans le lavabo, là où les poules mortes ne remontent pas.
Nous habitons toujours ailleurs..."

C’était un extrait de « Pourquoi l’enfant cuisait dans la polenta ? », récit autobiographique de Aglaja Veteranyi, enfant d’une famille d’artistes du cirque, qui avait fui la Roumanie de Ceausescu pour sillonner les routes d’Europe…

C’est de ce récit que s’inspire Ilka Schonbein dans sa dernière création « Chair de ma chair »...

Cette poule plumée, devient elle aussi une marionnette dans un petit théâtre de cirque, et le rire est grinçant, numéro dérisoire d’un volatile mort, à la chair à vif, qui donne le ton du malaise que l’on ressent à chaque apparition d’un nouveau masque, d’un nouveau membre séparé d’un corps pour se fondre dans un autre…

On assiste à un spectacle troublant, extrêmement fort, aux frontières de la douleur, du sang et des larmes de l’enfantement, des rapports compliqués avec la mère, où l’amour et l’angoisse se mêlent sans cesse. Ilka Schonbein fait parler son corps décharné, presque squelettique dans une pureté et un dénuement magnifiques. Elle est marionnettiste mais bien plus que cela : elle est mime, danseuse et ses marionnettes se confondent avec elle-même, la prolongent, la dédoublent, sortent de son corps et y rentrent à nouveau, en prenant une vie autonome et un extraordinaire relief. Elle donne naissance à un univers onirique qui nous conduit sans cesse au bord du malaise, dans une extraordinaire beauté plastique, qui entre violemment en résonance avec le texte de Aglaja Veteranyi, dit par une autre comédienne, dans un décor qui évoque ce peuple du cirque, de l’errance, de l’arrachement perpétuel, du nomadisme…

Le monde de Aglaja Veteranyi (qui s’est suicidée début février 2002) et celui d’Ilka sont très proches : Pendant des années, elle a été artiste de rue, sans attache, dans l’errance perpétuelle. Même si elle ne travaille plus dans la rue, elle vit toujours  dans un camion et passe le plus clair de l’année sur les routes, faisant étape dans les villes qui accueillent ses spectacles. (De la rue à la salle : lire son interview...)

Chair de ma chair est le premier volet d’une série qui s’intitule

« Mamans fatales »…

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10 février 2008

Vernissage

RMaltret

      C'était samedi dernier, à la médiathèque Florian, l'un de mes lieux favoris, avec le Nickel, à Rambouillet : le vernissage d'une exposition de peintures et dessins de Roland Maltret... Suzy et Roland Maltret font beaucoup pour la vie culturelle à Rambouillet, Suzy en animant en particulier l'association Arts et lettres qui propose régulièrement des cafés littéraires, des lectures, des conférences... Association dont je fais partie, d'ailleurs, depuis le mois de novembre.

Le charme de Rambouillet, c'est sans doute beaucoup cette alliance entre nature et culture...

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08 février 2008

Rétrospective 2007 (suite et fin)

Automne 2007

C’est une nouvelle vie qui commence. Je retrouve l’enseignement après huit années entre parenthèses, où je faisais partie du réseau CRDP. J’avais peur de cette reprise de contact. J’étais plein de doutes et j’avais souvent fait des cauchemars en revivant au cours de certaines nuits agitées des situations pénibles que j’avais vécues dans mon ancienne vie professionnelle. Je ne voulais pas revenir dans une école primaire : cet univers-là, j’y avais passé seize ans et, en y retournant, j’aurais trop eu le sentiment de revenir à la case départ. C’est pourquoi j’avais choisi l’école Le Nôtre, un centre de formation professionnelle qui accueille des jeunes entre quatorze et vingt et un ans, jeunes qui ont abouti là après des parcours personnels et une histoire familiale extrêmement difficiles et compliqués. C’est normalement un poste réservé à des enseignants titulaires d’une spécialisation, le CAPASH, en l’occurrence, mais le nombre de spécialisés est tellement faible qu’on a toutes les chances d’obtenir ce genre de poste sans certification particulière. Et comme le public accueilli est réputé très difficile, les postulants ne se pressent pas au portillon. Mes doutes tiennent à cela aussi : serais-je capable de « tenir » face à ces jeunes ?
Les premiers jours en septembre dissipent ces doutes ; tout de suite, je suis convaincu que j’ai eu raison de faire ce choix. Le contact avec les jeunes me semble excellent et je ne les trouve pas si durs que cela. Et puis, je réalise que je n’étais pas fait pour la vie de bureau et des journées entières vissé sur une chaise, installé derrière un ordinateur…
Pourtant, insidieusement, en octobre, les difficultés surviennent… La réputation de dureté n’est pas usurpée comme j’aurais pu le croire durant un moment. Un groupe s’affiche dans la rébellion totale au bout de trois semaines, un autre qui avait bien démarré est complètement déstabilisé par l’arrivée de deux nouveaux… Après les vacances de la Toussaint, il y a des matinées terriblement difficiles ; pourtant, je ne regrette rien. Ces difficultés aigues m’obligent à être toujours en alerte, à inventer sans cesse de nouvelles tentatives de solutions, tentatives qui se soldent bien souvent par des échecs mais je ne me décourage pas. Le temps passe très vite, contrairement à l’année d’avant, enfermé dans ce bocal du CRDP… Ainsi Noël est là, déjà, et la fin de l’année…
En outre, j’aime beaucoup ma nouvelle vie à Rambouillet ; même si je vis désormais dans 30m2, j’ai un immense jardin : le parc du château et la forêt qui entoure la ville… Un immense jardin que je n’ai plus à entretenir…

parc

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05 février 2008

Dans mon sac à main

Très courte nouvelle écrite pour les Impromptus littéraires :

      Dans mon sac à main, j’ai un long couteau, pointu, effilé, bien aiguisé. Je vais sur Meetic tous les soirs, entre dix-huit et vingt heures, en général,  et de temps en temps, j’ai un rendez-vous, avec un type que je ne connais pas, chez lui, s’il vit seul, ou à l’hôtel, s’il est marié. Au début, le couteau, c’était juste une mesure de prudence : ça me rassurait sa présence, au milieu des tubes de rouge à lèvre. Et puis, peu à peu, avec ces types qui pensent qu’à mon cul, qui me baisent comme des pieds, qui se soucient de moi comme d’une guigne, j’ai pris l’habitude, au beau milieu d’une étreinte, de serrer le manche du couteau. Il y a un mois à peu près, je l’ai sorti du sac. Le mec, lourd sur moi, tout à son affaire, besogneux, haletant, ne s’est aperçu de rien. J’ai failli plonger la lame dans sa nuque grasse mais j’ai arrêté mon geste juste à temps, ce jour-là…
Hier soir, j’ai pas pu. Ce connard, il l’a pas volé au fond. Il m’avait même pas dit un mot gentil avant de prendre son pied…

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02 février 2008

The hot house, de Harold Pinter

hot_houseLe jour de Noël, un mort et une naissance dans les murs d’une institution. Le directeur, despote tatillon,  demande des comptes à l’un de ses subordonnés. La situation semble grave. Où est-on ? Dans une maison de repos, un asile psychiatrique ? C’est un univers carcéral qui reste indéterminé mais où l’angoisse suinte de chaque recoin, de chaque bureau. On y parle de patients qu’on désigne par des numéros…  le directeur  s’emporte, exige des détails, toujours plus de détails, une enquête approfondie…

Le pouvoir, l’institution… Tout tourne autour de ces deux concepts qui sont fantastiquement analysés : rapports de pouvoir entre les employés,  relation à l’autorité, au règlement, les manières  perverses d’un directeur mégalomane et paranoïaque, dans une institution déshumanisée, où malgré les carcans des règlements pointillistes, la machine se dérègle peu à peu, inexorablement.

Un univers carcéral qui glisse sournoisement vers la folie. Ce directeur, peut-être responsable du naufrage, mais sans doute pas autant que l’on pourrait le croire,  semble caricatural à première vue. Mais il ne l’est pas tant que cela : au fond, à bien y regarder, ses travers maniaques sont moins dus aux particularités d’un individu précis, mais bien plutôt une conséquence presque irrémédiable de cette forme de pouvoir incarnée dans un seul individu, quel qu’il soit : un glissement inévitable nous suggère Harold Pinter, glissement engendré par la nature même du pouvoir.

La violence de l’institution, la veulerie des soumis, les calculs des courtisans : c’est la métaphore du pouvoir tel qu’il existe encore malheureusement dans beaucoup d’entreprises ou d’administrations, même s’il se donne à voir différemment aujourd’hui, même s’il sait prendre des masques plus avenants, celui de la cordialité et de l’hypocrisie en particulier. La réalité du pouvoir, quand les masques tombent, c’est encore trop souvent ça, et c’est ce qui fait la force extraordinaire de la pièce d’Harold Pinter ; Même si cette pièce a été écrite en 1958, elle est intemporelle et toujours d’actualité. Elle est universelle, en laissant le flou sur l’univers concentrationnaire qu’elle dépeint : toute institution peut opérer ce glissement pervers et se dérégler peu à peu pour aboutir à l’horreur de la déshumanisation. La puissance extraordinaire de ce texte, c’est son pouvoir symbolique. Et il est magnifiquement servi par une remarquable interprétation.

Si l’on y ajoute une mise en scène impeccable, précise comme un coup de scalpel, des décors et une lumière particulièrement soignés, que dire de plus ? Hot house, par la compagnie Les Dramaticules, c’est un très grand moment. Merci au Nickel et à toute son équipe de nous avoir permis de le vivre.

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31 janvier 2008

Rétrospective 2007 (6)

Eté 2007

Le quatre juillet, c’est mon dernier jour au CRDP.  Du moins, c’est ce que j’ai décidé : si j’y restais, les vacances, ce ne serait pas avant le quatorze juillet mais comme je me barre… L’année prochaine, retrouvant l’enseignement, je retrouverai également les vacances scolaires et ces comptes d’apothicaire sur les jours de congé restant seront de l’histoire ancienne. Tant mieux ! Je viens de terminer « La maison de Chenevières » et j’en suis plutôt content. Le point final, je l’ai mis à la trois cent cinquantième page… J’ai tenu mon pari ! Je suis heureux. D’autant que je leur réserve une petite surprise, au comité de direction du CRDP, pour mon dernier jour ! je pense qu’après ça, ils n’auront guère envie de me revoir !!! Je pourrais partir en vacances tranquille… J’en ris encore quand je revois les images

A la fin de la semaine, ma femme déménage et je l’aide, bon prince que je suis. Je ne suis décidément pas rancunier. J’ai trouvé un petit appartement à Rambouillet, un studio de trente mètres carrés, mais je n’en prendrai possession qu’au premier août. De toutes manières, je peux rester dans la maison jusqu’au vingt neuf août, date de la signature définitive chez le notaire. Avant, je compte bien partir en vacances : pas de grand voyage cette année mais un petit tour  de France quand même, avec quelques étapes dans les Cévennes, une petite visite à Bernard, l’un de mes anciens collègues du CLDP de Poissy, qui coule une retraite heureuse à Gaillac et une dernière étape dans les Landes, chez Benoît, mon fils aîné,  à Biscarosse.

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Au retour, j’ai les clés du studio de Rambouillet et c’est le début d’une véritable course contre la montre. Antoine, mon fils, a trouvé lui un logement à Neauphle le Château. Je l'aide dans ses formalités et dans son déménagement. Je dois ensuite penser à moi. Le casse-tête, c’est de faire rentrer tous les meubles que je veux conserver et toutes mes affaires dans trente mètres carrés. Il me faut pour cela réaliser des prouesses d’aménagement ; je construis un lit en  mezzanine avec un bureau dessous. Pour le bureau, je vais exhumer de vieilles planches de chêne que j'étais allé chercher à la scierie de Choisel du temps où j'étais directeur de l'éciole de Dampierre et où j'avais organisé une gigantesque fête Far-West... Sur ces planches brutes, genre ranch, , il y avait encore inscrit : saloon, general store, sherif's office... La menuiserie m’occupe une bonne partie de la première moitié du mois d’août.

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Après, c’est mon déménagement, et surtout, ensuite, il faut vider la maison de tout ce que tout le monde y a laissé. Les allers et retours à la déchetterie de Maurepas reprennent de plus belle. Je n’ai pas tout à fait terminé, d’ailleurs, le 29, et je vais terminer avec le nouveau propriétaire, les derniers jours du mois les dernières évacuations. Heureusement, les nouveaux propriétaires de la maison sont compréhensifs : c’était vraiment une tâche gigantesque, d’autant qu’il me fallut déblayer aussi pas mal de choses laissées par les propriétaires qui m’avaient précédé… Ce fut décidément une maison hors normes avant, pendant et après… Une maison qu’on ne quitte pas facilement… Avec tout ça, je n’avais pas eu le temps de dire ouf que la rentrée était déjà là. On m’a laissé heureusement la jouissance d’un appentis, ce qui me permet de stocker tout ce qui ne trouve pas place dans le studio et que j’espère bientôt pouvoir recaser quelque part, la yourte, entre autres...  J'ai jusqu’à mi-septembre pour trouver une solution…

Et maintenant, il me faut avant tout penser aux jeunes qui me sont confiés…

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30 janvier 2008

Il y a quelque chose de terrible en moi...

Il y a quelque chose de terrible en moi,
Cette peur cyclothymique de perdre pied,
L’image d’un pauvre vagabond qui se noie
Sans planche de salut et sans pouvoir crier…

Redoutables sables mouvants de la pensée,
Où mes idées s’enlisent sans trouver de prise,
Où je me vois, impuissant, toujours m’enfoncer,
Dans l’abjecte angoisse que ma conscience aiguise…

Pas une branche à laquelle se raccrocher,
Ni la parole d’un ami, ni un amour,
Rien, désespérément rien qui puisse ébrécher
L’inexorable descente jour après jour…

D’abord la tristesse, puis la mélancolie,
Et arrivent toujours les corbeaux de l’angoisse,
Qui me fouillent de leur bec jusque dans mon lit,
Tandis que mon esprit tous les malheurs ressasse…

Poème écrit pour les Impromptus littéraires...

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27 janvier 2008

Rétrospective 2007 (5)

Mai 2007

Les pages s’accumulent à une cadence qui me surprend et je perds du poids régulièrement. Je suis déjà en dessous de 80kg et j’ai déjà une bonne soixantaine de pages à mon actif quand le mois de Mai commence. J’écris au CRDP, je ne fais plus semblant, je ne me cache pas. Ne plus faire semblant… Quel bonheur ! Puisque tout le monde se contrefiche de ce que je fais dans ce placard, autant en profiter à fond ! Pour le pont de l’Ascension, je pars avec la Caravelle vers le Mont Saint Michel et je passe cinq jours magnifiques à retrouver des coins que j’avais adorés il y a bien des années, comme Caroles sur mer, le chemin des douaniers, la cabane Vauban, le bec de l’aigle… J’écris dans les cinq pages par jour sur mon portable dans les cafés. A la fin du mois, on a trouvé des acheteurs pour la maison, envoyés par un voisin. Les choses se précisent, sur le papier comme dans la réalité…

mont

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26 janvier 2008

Rétrospective 2007 (4)

Avril 2007

En ce début de printemps, les apéritifs et les repas entre amis s’enchaînent à une cadence effrénée. Je mange trop, je bois trop et tout le temps, et sans répit, sans laisser le temps à mon organisme de récupérer un tant soit peu. Je suis arrivé à 84kg et le 12, bloqué par un lumbago, je décide de mettre un coup d’arrêt à cette vie qui devient n’importe quoi. Par-dessus le marché, pour la deuxième fois en quelques mois, on vient de se brouiller encore, avec ma belle indienne, mon amie que je vois régulièrement depuis un an, depuis que je n’ai plus aucune relation avec ma femme…

anne1

J’ai le sentiment de me laisser aller complètement depuis quelques mois sur tous les plans. Mon troisième roman, la maison de Chenevières, est en panne depuis octobre. En même temps que je me mets au régime, je me fixe un plan d’écriture avec un nombre précis de pages par semaine. Il faut absolument que je termine ce roman avant les vacances d’été. Alimentation frugale, plus une goutte d’alcool, trois pages par jour…

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25 janvier 2008

Rétrospective 2007 (3)

Mars 2007

Ma présence au CRDP, je la vis beaucoup mieux désormais puisque je sais qu’elle n’est plus que provisoire. Tout ce qui me désespérait, l’hypocrisie, la flagornerie, les basses manœuvres, me fait rire désormais. Dans la maison de Chenevières, j’ai entrepris de grands travaux de rangement dans la perspective de la vente. Plus on a de place, plus on accumule, c’est bien connu. Et là, le domaine est tellement immense ! 2300 m2 de terrain, des dépendances partout, pleines à ras bord… Qu’importe, je me sens plein de courage : le principe de réalité a fait son œuvre ; je sais que, maintenant, la vente est inéluctable et qu’il ne sert à rien de se laisser aller à la nostalgie. Plus vite ce sera fait, au fond, mieux cela vaudra. J’ai démonté les sièges de la Caravelle et je fais d’interminables allers-retours entre la maison et la déchetterie, remplissant allègrement les grandes bennes vertes.  Curieusement, la cohabitation avec ma femme est moins difficile à cette période ; depuis que le divorce est inéluctable, on arrive de nouveau à se parler comme des adultes raisonnables. La maison est en vente mais les visites tardent à venir…

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